• Numérique et emploi, La révolution de l'immatériel, Les usages du temps, Le design fiction, La physique quantique
Numérique et emploi, La révolution de l'immatériel, Les usages du temps, Le design fiction, La physique quantique

Numérique et emploi, La révolution de l'immatériel, Les usages du temps, Le design fiction, La physique quantique

Nouvelle vague technologique et emploi. Une analyse critique des travaux sur les destructions d’emplois Marie-Claire Car rère-Gée À chaque vague d’innovations techniques, les sociétés se sont interrogées sur l’impact de ces innovations sur l’emploi. Ce fut le cas avec la mécanisation, puis l’industrialisation ; et voici venu le tour des technologies de l’information qui ont révolutionné nos modes de vie et de travail à un rythme effréné ces dernières décennies. Robotique, automatisation, numérisation, essor des intelligences artificielles… : les progrès en cours ont ravivé les débats autour du remplacement possible de l’homme par la machine dans de nombreux secteurs d’activités. Néanmoins, comme le souligne ici Marie-Claire Carrère-Gée, les analyses portant sur le sujet n’ont pas toujours la même approche, se cantonnent parfois aux destructions d’emplois sans regarder les créations d’emplois découlant de ces changements technologiques ; elles ne tiennent pas toujours compte de la diversité des tâches inhérente aux métiers concernés ; en somme, le débat en la matière est rarement bien posé. C’est pourquoi le Conseil d’orientation pour l’emploi s’est penché sur la question de l’impact véritable de cette nouvelle vague technologique sur l’emploi en partant non d’une analyse par métiers (qui est l’angle de vue le plus fréquemment adopté dans les travaux récents) mais d’une étude présentant ce que font concrètement les salariés (en l’occurrence français) dans leur emploi actuel. Il en ressort, comme l’indique cet article, que si une petite fraction des emplois (moins de 10 %) sont effectivement menacés de disparaître en raison de l’automatisation et du numérique, la grande majorité des métiers sera plutôt amenée à se transformer, et que la structure de l’emploi évoluera très certainement en faveur de l’emploi qualifié. De manière plus générale, Marie-Claire Carrère-Gée montre ici qu’il est indispensable de raisonner globalement, en regardant à la fois le contenu des métiers et la façon dont ils pourront évoluer et se complexifier sous l’effet de l’automatisation, mais aussi les nouveaux besoins induits, en termes d’emploi, par ces évolutions. La révolution de l’immatériel André-Yves Portnoff Beaucoup d’entreprises, d’analystes, de décideurs économiques ou politiques ont encore aujourd’hui le regard rivé sur le court terme et les profits immédiats, se fondant sur des indicateurs essentiellement quantitatifs et financiers. Pourtant, la richesse et la pérennité d’une organisation ne reposent pas uniquement sur des facteurs quantitatifs, comme le montre régulièrement, dans ces colonnes, André-Yves Portnoff. De nombreux éléments d’ordre immatériel entrent en jeu, allant de la prise en compte du numérique aux relations humaines dans l’entreprise, en passant par le style de management. Cet article fait ici le point sur cette révolution de l’immatériel dans les organisations (territoires inclus) et sur la façon dont elle peut être prise en compte par celles-ci dans leurs stratégies. André-Yves Portnoff rappelle ainsi les grandes caractéristiques du capital immatériel, quels en sont les principaux facteurs constitutifs (intelligence collective, capital relationnel, management horizontal, etc.), et fait le point sur la méthode d’évaluation du capital immatériel et de la valeur des organisations (V3) qu’il a mise au point en s’appuyant sur un groupe de travail réuni par l’association Futuribles International. Cet outil alternatif, testé à plusieurs reprises dans diverses entreprises, vise à aider les organisations à intégrer ce capital immatériel dans leurs diagnostics stratégiques, et à en faire un facteur de croissance et de richesse. La physique quantique : une révolution ? À propos du livre de Jean-Pierre Pharabod et Gérard Klein, Heurs et malheurs de la physique quantique Pierre Papon Pierre Papon nous livre ici une analyse du livre de Jean-Pierre Pharabod et Gérard Klein Heurs et malheurs de la physique quantique, en même temps qu’un texte remarquablement clair et pédagogique sur les développements de la physique quantique, ce qu’elle est, en quoi elle bouleverse les conceptions jadis régnantes en physique ainsi que nos représentations de l’Univers, et comment elle peut entraîner à l’avenir d’importants changements technologiques. Si son texte peut sembler ardu à ceux de nos lecteurs n’ayant point de culture scientifique, il est riche d’enseignements, y compris pour ceux qui s’intéressent à la prévision et à la prospective. Ils découvriront ici, en effet, combien toute simulation sur l’avenir des systèmes, y compris en sciences dures, faute de déterminisme absolu, comporte une part d’aléatoire et d’incertitude, combien nous sommes loin en réalité des relations causales simples telles que celles sur lesquelles s’appuient, par exemple, bien souvent les modèles économétriques. Ce texte explique comment la physique quantique remet en cause les lois de la physique classique, présente les « vérités incroyables » qu’elle révèle et qui seront peut-être demain à l’origine de développements scientifiques et techniques majeurs. L’évolution des usages du temps. Exploit, labeur, honneur, travail : une analyse internationale sur longue période Jonathan Gershuny et Kimberly Fisher Les débats récents sur les conséquences de la robotisation sur l’emploi (combien restera-t-il d’emplois non automatisés ?) posent en filigrane la question de la capacité des sociétés modernes à offrir un emploi à chacun à temps plein. Le temps de travail diminue-t-il nécessairement avec le progrès technologique et le développement économique ? C’est pour répondre à cette question que Jonathan Gershuny et Kimberly Fisher ont étudié les résultats d’enquêtes sur l’emploi du temps des individus dans 16 pays au cours des cinq dernières décennies : ils présentent ici les tendances qui s’en dégagent concernant le travail au sens large. Après un rappel historique montrant comment ont évolué les aspirations et rapports au travail et au loisir depuis le XIXe siècle (s’appuyant principalement sur les théories de Veblen), les auteurs présentent les différentes enquêtes sur lesquelles s’appuie leur analyse ainsi que la méthodologie utilisée. Puis ils relèvent plusieurs grandes tendances : une certaine constance historique et une certaine similitude entre pays s’agissant du temps consacré au travail (rémunéré + non rémunéré) sur les 55 dernières années ; une convergence hommes-femmes dans les évolutions et une quasi-équité entre les sexes concernant le temps consacré à l’ensemble du travail (rémunéré + non rémunéré) ; un apparent nivellement historique de ce temps de travail autour de huit heures et demie par jour ; et une inversion de la variation de la répartition travail / loisir selon le capital humain (ce sont aujourd’hui les plus diplômés qui travaillent le plus), que les auteurs associent à une croissance de la part de l’« exploit » au détriment de celle du « labeur » (selon la terminologie de Veblen) dans le travail rémunéré des sociétés de ce début de XXIe siècle. Le design fiction. Une méthode pour explorer les futurs et construire l’avenir ? Par Nicolas Minvielle et Olivier Wathelet Une série a été ouverte, dans Futuribles, sur les relations et apports de la science-fiction à la prospective, afin de discerner si, et dans quelle mesure, les auteurs de science-fiction ont eu une influence sur les imaginaires collectifs et sur les réflexions prospectives (numéros 413 de juillet-août 2016, 416 de janvier-février 2017 et 420 de septembre-octobre 2017). Cet article porte sur un outil de représentation des futurs qui se développe depuis quelques années et prolonge certaines réflexions exprimées dans cette série : le design fiction (parfois traduit par design critique ou spéculatif). Le design fiction se présente en effet comme ?une nouvelle façon de produire des récits ou des objets (plus ou moins futuristes, dérangeants, dystopiques…) visant à nous permettre de mieux appréhender le futur. Nicolas Minvielle et Olivier Wathelet, qui pratiquent le design fiction, montrent ici en quoi cette technique consiste précisément et présentent des exemples de mise en œuvre. Ils soulignent en particulier l’importance du recours à l’imaginaire puisqu’il s’agit bien de faire réagir une audience sur la représentation (via des vidéos, des objets…) de futurs possibles, plus ou moins désirables, et de susciter un débat à partir de ces réactions. Cet outil émergent a sans aucun doute un rôle à jouer dans les démarches de créativité, d’innovation, d’aide à la décision et de représentation de l’avenir ; il pourrait en outre évoluer rapidement grâce aux possibilités ouvertes par l’essor des techniques telles que la réalité virtuelle ou augmentée… L’intelligence artificielle est-elle intelligente ? Hubert Landier Les annonces et publications relatives aux évolutions et perspectives de l’intelligence artificielle se sont multipliées ces derniers mois, laissant miroiter des changements majeurs dans notre vie quotidienne et dans de nombreux secteurs d’activité. Comme souvent, ce type de rupture scientifique laisse augurer le meilleur comme le pire, mais elle reste aussi très tributaire de ce qu’accepteront effectivement les individus en la matière. Or, tous ne sont pas dans les mêmes attentes, en France, en Europe, dans les pays en développement, à l’égard de ces évolutions, comme le rappelle Hubert Landier, qui s’emploie ici à rappeler un certain nombre de limites au déploiement annoncé de l’intelligence artificielle. Car il y a une réelle différence entre l’intelligence humaine et l’intelligence artificielle, que la technique ne peut pour l’heure abolir ; et une plus grande encore entre les rêves des développeurs de la Silicon Valley et la réalité de notre civilisation, confrontée aux limites physiques de la planète et aux inégalités de développement. Un point de vue qui participe des débats en cours sur l’intelligence artificielle et vise à modérer les attentes en la matière. Vers le retour du fédéralisme ? Jean-François Drevet Soixante ans après la signature du traité de Rome et les débuts de l’Union européenne (UE), les instances dirigeantes de l’UE ont engagé un processus de réflexion sur l’avenir de l’ensemble européen. Nous y avons fait écho dans notre numéro de juillet-août dernier (419) au travers d’un article de Gabriel Arnoux sur les scénarios ouverts en matière de partage des compétences entre l’Union et ses États membres. Jean-François Drevet prolonge cet examen des futurs possibles en s’intéressant ici à l’aspect institutionnel et aux perspectives d’évolution vers le fédéralisme. Ce débat, récurrent depuis la création de l’UE, entre partisans d’un fonctionnement intergouvernemental et défenseurs du fédéralisme, penche depuis bien longtemps en faveur des premiers, tant l’attachement des États à leur souveraineté est fort et les points de blocage, fréquents. Néanmoins, les temps changent et sur le plan tant socio-économique que géopolitique, ce fonctionnement intergouvernemental montre ses limites ; le temps est peut-être venu, comme le suggère cette tribune, de regarder avec plus d’objectivité les avantages que procurerait le passage au fédéralisme — et d’y préparer les citoyens européens. Voir la suite

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  • Revue Futuribles

  • Revue Futuribles, numéro 421