• Les faveurs de Sophie
Les faveurs de Sophie

Les faveurs de Sophie

Ma fille est une bonne fille qui n 'a que sa jolie figure à offrir mais qui pense à ses parents. Elle donnera sa main à celui qui voudra bien les aider à honorer quelques dettes pressantes... Quand Albert, artisan ébéniste et célibataire au grand coeur, accepte la proposition du père Meunier, il est loin de se douter de ce qui l'attend. La vie de labeur ne l'a pas préparé au mariage, et encore moins à Sophie, sa charmante et moderne épouse, fascinée par les nouvelles inventions, les voitures à moteur et l'électricité. Toutefois, au fur et à mesure que s'amourache le charron, percent les lourds secrets du village berrichon, témoin silencieux et complice des violences les plus noires. L'authenticité des personnages et leur patois savoureux font de ce captivant roman un hymne à la bonté des gens de cette campagne du Berry, si chère à Pascal Rabuteau. Originaire du Berry, Pascal Rabuteau a déjà publié plus de quarante nouvelles pour un hebdomadaire à grand tirage dans lequel il publie depuis 1999. Il signe ici son premier roman. Extrait du livre : CE ne fut pas sans réticence qu'Albert retourna aux Blandins, trois jours plus tard. Tout d'abord, il se sentait emprunté, ne sachant trop ce qu'il allait pouvoir dire à sa belle. Tenter de conter fleurette à son âge pouvait vite le tourner en ridicule. Par ailleurs, la vision de la ferme dans l'état où il l'avait trouvée lui laissait une pénible impression, d'autant que ce n'était pas le cadre idéal pour susurrer des mots doux, ou même ébaucher quelques projets d'avenir. La présence du père Meunier ne serait pas le moindre mal, car l'homme le dégoûtait à peine moins que le cloaque de sa cour. Enfin, il y avait cette histoire d'argent, pas trop reluisante en vérité, qui le mettait dans la position du maquignon - autant dire d'un Pierre Lambert - venant examiner la jument qu'il avait achetée à la foire. Dans le Berry, encore à cette époque, les mariages arrangés entre paysans ne manquaient pas. On mariait les terres en même temps que les tourtereaux, et l'affaire était faite. De bonnes affaires, même, qui agrandissaient les domaines et les rendaient prospères. Personne n'y trouvait trop à redire, puisque tout le monde y trouvait son compte. Il arrivait bien que l'un des principaux intéressés fît grise mine, souvent la mariée, d'ailleurs, qui se retrouvait au lit, un beau soir, avec un godelureau inexpérimenté ou une brute mal dégrossie, bien heureuse s'il n'était pas laid par-dessus le marché. Mais avec le temps, chacun s'accommodait de son sort dans l'intérêt du domaine. Le cas du charron était tout autre. Il apportait huit cent mille francs sans autre contrepartie que l'épouse elle-même. Voilà qui ressemblait plus à un achat qu'à un arrangement entre familles. Il aurait bien aimé savoir comment la belle Sophie le jugeait, mais s'il y avait un sujet délicat à aborder avec elle, c'était certainement celui-là ! Voir la suite

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